La Présence et la loi de l'attraction

Par Eckhart Tolle

Une introduction sur l’aspect relatif des questions qui émergent suivi d’un éclaircissement puissant et lumineux sur la désormais célèbre Loi de l’attraction.

1ère partie d’une série de questions faisant suite à la conférence intitulée « L’évolution vers la liberté » visible ICI..

Introduction

Non pas que je veuille vous décourager de poser des questions, mais vous remarquerez que plus il y a de présence et plus il est probable que, soit la question disparaisse, soit la réponse vous semble évidente, parfois au moment même où la question survient. Subitement, vous vous rendez compte que vous connaissiez déjà cette réponse. D’autres fois, bien sûr, la réponse est même déjà contenue dans la question.

Il y a un récit dans un vieux livre de Paul Brunton, un écrivain anglais, qui a visité l’Inde, je crois dans les années trente, pour écrire sur les sages indiens. À l’époque, c’était une chose insolite pour l’Occident que de s’intéresser à des sages indiens contemporains. L’un de ses récits est sa visite à l’enseignant spirituel, Ramana Maharshi. Paul Brunton est allé dans son ashram avec toute une liste de questions écrites qu’il voulait lui poser.

Dès qu’il s’est trouvé en présence de Ramana, il dit que soudainement, les questions lui ont paru complètement sans pertinence. Peut-être a-t-il là pour la première fois connu ou goûté la présence, en présence du maître. Il posa donc sa liste de questions qui semblaient ne plus être importantes. IL y avait là quelque chose de plus important que toute éventuelle réponse qu’il aurait pu recevoir. Il est donc entré dans l’état de présence auprès du maître. Je pense qu’il a posé ses questions plus tard, mais dans les premiers instants de la rencontre, il se rendit compte que les questions étaient relativement insignifiantes. Je pourrais dire que les questions sont relativement importantes, mais non pas absolument importantes.

D’ailleurs, Ramana Maharshi était le sage qui enseignait la plupart du temps, pourrait-on dire, à travers le silence bien qu’il parlât de temps en temps et répondît aussi à des questions de temps en temps. Son enseignement principal était le silence. Parfois, une personne lui posait sa question et, pour toute réponse, il la regardait. . . Rien ne se passait, juste la présence, c’était tout !

Autre chose qui est arrivé avec lui, quelques années plus tard, Ramana Maharshi dans son ashram de Tiruvannamalai… L’écrivain anglais célèbre, Somerset Maugham visitait l’Inde et se rendit à l’ashram, mais il faisait si chaud ce jour-là qu’il s’évanouit à son arrivée. On l’emmena dans une petite pièce, l’allongea sur un lit ou peut-être à même le sol. Quand il reprit conscience, il ouvrit les yeux et vit Ramana Maharshi assis en face de lui qui le regardait. Aucun mot ne fut échangé, ils se regardèrent l’un et l’autre. Non, je pense que 3-4 mots ont été prononcés. Après quelques minutes, Ramana Maharshi dit quelque chose comme : « Le silence est la langue la plus belle ». Ensuite, il quitta la pièce et ce fut la rencontre entre Somerset Maugham et Ramana Maharshi.

Si vous êtes intéressés et ne connaissez rien à ce sujet, il a écrit plus tard un roman célèbre, l’un de ses romans célèbres, intitulé « Le fil du rasoir » et l’un des personnages du roman est un sage indien. Il n’est pas nommé Ramana Maharshi dans le roman, mais il en est l’inspiration. Le personnage principal du roman est un jeune homme qui quitte son environnement très aisé et fait le tour du monde à la recherche de la réalisation spirituelle.

Dans les années trente, ce fut un roman tout à fait révolutionnaire, parce que se retirer n’était pas un phénomène connu. C’est devenu tout à fait normal dans les années soixante, mais dans les années trente, cela aurait été considéré comme complétement insensé. Ce fut le début où des gens ont vu qu’il pouvait y avoir quelque chose de plus important que la réussite matérielle.

Après avoir évoqué les questions et les réponses, voyons s’il reste des questions !

Quelle est la différence fondamentale entre la Présence et la loi de l’attraction?

–           Q. – Bonjour Eckhart ! La question que j’ai posée est la suivante : quelle est la différence fondamentale entre votre enseignement de la présence et l’enseignement actuel populaire de la loi de l’attraction ? Ce qui sous-tend cet enseignement est en fait la question du désir. Je me suis toujours sentie fortement attirée par le soufisme qui dit : « Profondément enfoui en mes désirs se trouve le désir de Dieu ». Et pourtant, les gens qui enseignent la loi de l’attraction disent que l’on peut avoir et faire tout ce que l’on veut en pensant et ressentant d’une certaine façon. Je suis toujours plutôt méfiante quand j’entends ça. Je me demande donc s’il y a un niveau fondamental plus profond du désir qui n’est pas celui de l’égo.

  1. – Merci. Les soufis ont évidemment raison quand ils disent qu’ultimement, tout désir est en réalité un désir déguisé en faveur de Dieu. C’est le désir déguisé pour la satisfaction et l’accomplissement ultimes et être pleinement et véritablement qui l’on est. Au fond, nous parlons de la source de toute vie et tout le monde en éprouve la nostalgie, mais pour la plupart des humains, cette nostalgie de ce que j’appelle parfois le voyage de retour là d’où l’on est venu, la source de toute vie jamais quittée réellement bien sûr, la source n’est pas un voyage, ce ne sont là que des mots, cette nostalgie du retour à la source de la vie se dissipe quand on trouve, découvre la source en conscience.

C’est là où se trouve alors un achèvement, un accomplissement de la vie. C’est ce que veut l’univers. Il veut deux choses. Si vous vous observez, vous voyez que c’est vrai et vous êtes l’univers. Vous pouvez beaucoup en apprendre à propos de l’univers en vous observant vous-mêmes, parce que vous êtes l’univers, parce qu’il est vous. Et « Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas ».

Il y a la tendance ou le désir de créer. L’être humain a le désir de créer dans le monde de la forme, de donner naissance à quoi que ce soit ; Cela peut être quelque chose de matériel ou quelque chose d’autre. Il y a en l’humain le désir de participer à l’acte créateur, parce que cet acte créateur existe indépendamment des humains. Sur cette seule planète, des millions de formes de vie naissent à chaque instant.

Des millions de formes de vie de toutes sortes dépassent toute imagination : combien de formes de vie différentes ne sont-elles pas créées à chaque instant sur cette seule planète et bien sûr ne meurent-elles pas au même moment ? C’est continuel . . . naissance, mort ; naissance, mort… Continuellement, et il en va de même pour les humains : les humains sont créés. À chaque instant, je peux dire qu’un être humain est en train de naître, maintenant, maintenant, maintenant, maintenant, maintenant, quelque part sur la planète, est un être humain est en train de mourir, un petit peu plus lentement, maintenant, maintenant, maintenant, maintenant. En cet instant, quelqu’un meurt sur la planète, et un autre, et un autre, et un autre… et une naissance…

Il y a donc l’acte créateur dans lequel l’univers est engagé et la création augmente en complexité. Si vous considérez notre seule planète, il y eut le temps où elle était infertile, où il n’y avait que des minéraux. IL y eut ensuite la vie végétale et d’autres niveaux de vie, redoublant de complexité.

Prenons un arbre, par exemple. D’abord, il n’y a qu’une branche, le tronc, une branche et ensuite d’innombrables plus petites branches qui en sortent. L’arbre se développe . . . et il redouble de complexité. Même pour les formes de vie humaines, on voit ce phénomène si l’on remonte dans l’histoire humaine, considère la société humaine et l’être humain. Tout était relativement simple il y a des milliers d’années et même des centaines d’années, comparé à maintenant. Il y avait beaucoup moins de complexité dans la vie personnelle des gens, dans ce avec quoi ils avaient à composer. Il en va de même pour le collectif.

L’univers se développe en complexité et s’adonne à l’acte créateur, le recherche ou s’y délecte éventuellement, parce qu’autrement, cela ne se produirait pas. C’est le désir de créer de l’univers et c’est ce qu’il fait. Ce désir se reflète en l’humain. Nous participons au vouloir donner naissance. L’acte créateur peut se produire en l’humain. L’humain peut créer en ce sens que nous sommes différents des animaux, parce que nous pouvons créer toutes sortes de choses qui sont complètement nouvelles, en musique, en science et en tant d’autres choses, l’art, la philosophie, la photo, le cinéma, les grosses structures, Wall -Street, toutes sortes de choses.

Et vous pouvez probablement découvrir en vous-mêmes cette partie qui aimerait faire, participer à l’acte créateur et apporter dans ce monde quelque chose qui n’y était pas jusque-là, dans le monde de la forme. Peut-être est-ce un livre que vous voulez écrire, composer de la musique ou créer une organisation éclairée pour changer les choses dans le monde. Peut-être voulez-vous aider les gens qui souffrent et créer une structure des plus efficaces. Dans tous les cas, vous créez quelque chose.

Pour certains, c’est davantage le désir d’acquérir quelque chose. Certains restent beaucoup dans la conscience égoïque et voient moins les choses de la perspective d’offrir au monde une création à partir de leur trésor. Il vous faut dans une certaine mesure être déjà allé au-delà de l’égo pour créer de cette façon. La création provient de La richesse que vous ressentez en vous. C’est de là que vous pouvez vraiment créer. C’est en fait la présence.

Dans la conscience égoïque, on est aussi très intéressé par le monde de la forme, mais la conscience égoïque n’est pas basée sur la disposition à donner, mais sur le vouloir avoir. L’égo se demande exclusivement ce qu’il peut obtenir. À partir de la présence, quand vous contribuez à la création, vous vous demandez davantage à quoi vous pouvez donner naissance. C’est la différence.

Il y a donc l’aspect égoïque du redoublement de la complexité dans le monde de la forme, des formes de vie. L’aspect égoïque est vouloir quelque chose. L’égo s’exprime donc, non pas à partir du sentiment de richesse, mais de manque, d’un ressenti de « pas assez ». Il se dit donc « Qu’est-ce que je peux obtenir ? » Et c’est le désir égoïque. Le désir égoïque s’exprime ainsi : « Je désire cette voiture, parce que je me sentirai beaucoup mieux quand je m’y trouverai et la conduirai, en particulier si les autres me voient ».

Sans les autres, ça ne marche pas vraiment. Oui, la conduite est confortable, mais ce n’est pas une si grosse affaire ! Pour l’égo, ça marche seulement si la voiture des autres est moins bien que la sienne. Là, ça va bien ! C’est la même chose avec la maison ou tout ce que vous pouvez acquérir, toutes possessions.

Vous pouvez tout à fait apprécier une belle maison ou une belle voiture sans que l’égo ait à en tirer avantage ou à se mettre en valeur. Je ne suis pas en train de dire que l’on ne puisse pas apprécier les choses. Sans égo, vous pouvez toujours apprécier les belles choses, mais non plus parce qu’elles ajoutent quelque chose à votre sentiment de soi. C’est le simple plaisir offert par une belle chose qu’un humain a peut-être créée, un beau meuble. Cela pourrait être une maison. Vous appréciez cette maison. Vous ne voudrez certainement pas acquérir une maison avec vingt chambres à coucher pour vous-mêmes sans l’implication de l’égo. Il est improbable que la présence dise : « J’aimerais une maison avec vingt chambres ».

Il y a l’aspect égoïque du vouloir créer, lequel est moins le fait de créer que celui d’avoir, mais c’est le monde de la forme, et il y a le désir non égoïque de l’univers de donner naissance à plus de formes, de connaître plus de formes. L’univers le fait sans les humains, mais une dimension supplémentaire entre en jeu quand l’univers, l’intelligence supérieure ou la conscience crée à travers les humains. Un niveau de création complètement nouveau entre en jeu. C’est ce qui nous fait dire que nous sommes des co-créateurs avec Dieu. Dieu crée les poissons dans la mer, la vie végétale, l’espèce animale, les corps humains, et ensuite à travers la forme humaine, à travers le mental humain, incluant les pensées, l’univers peut créer des choses qui n’existeraient pas sans les co-créateurs humains.

En tant que tel, le désir est en réalité un phénomène égoïque. Quand vous créez sans l’égo, ce n’est pas tant une création qui provient du désir, parce que le désir implique une forme de manque. La création non égoïques repose sur la disposition à donner à partir de la richesse que l’on ressent en soi. Je peux dire la façon dont je le vois, pour les livres que j’ai écrits. Les livres voulaient émerger, être créés. Ce n’est pas tant que je désirais écrire un livre. Le livre voulait venir. C’est la création qui ne provient pas de l’égo.

Comme je l’ai dit tout à l’heure, si vous regardez profondément, le désir de l’égo est aussi un désir déguisé en faveur de Dieu, de la réalisation spirituelle, mais ceux qui sont piégés par l’égo ne savent pas que ce qu’ils recherchent en réalité n’est pas le compte en banque, la maison, la voiture, la reconnaissance d’autrui, la célébrité, toutes ces choses dont l’égo pensent obtenir l’épanouissement. Ce qu’ils recherchent vraiment, c’est eux-mêmes, une version plus pleine d’eux-mêmes. Et qui êtes-vous en votre essence ? Vous êtes la source. Qui vous êtes en votre essence est la conscience elle-même.

Si Dieu est le soleil, pour prendre cette analogie, la conscience est la lumière du soleil. Dieu est la source, le non-manifesté dont vous ne pouvez pas parler, parce que tout ce que vous dites est une déformation. Il est absurde de parler de ce mystère. Comme il est dit dans le Tao-Tê-Chin, on ne peut pas parler du Tao. Et cependant, nous en parlons. Et cependant, il est bon que le Tao-Tê-Chin ait été écrit, traduit en mots.

Les gens qui sont animés par le désir égoïque finissent par éprouver la frustration et la souffrance, même s’ils parviennent à ce qu’ils désirent, d’ailleurs d’autant plus s’ils y parviennent, parce qu’ils se rendent alors compte que ça ne marche pas, qu’ils se sentent toujours insatisfaits, peut-être même de façon encore plus forte. C’est terrible quand on ne peut même plus projeter mentalement une chose dont on pense qu’elle va nous rendre heureux.

Quand vous avez tout ce que le monde peut vous offrir, comme certains (peu nombreux, la plupart des gens veulent, désirent ça), quand vous avez tout (j’en ai rencontré quelques-uns), vous pouvez vous rendre compte de la futilité du désir des choses qui ne peuvent finalement pas vous donner la satisfaction ultime, l’épanouissement ultime, un sentiment de permanence, la paix intérieure vivante et rayonnante. Ces choses ne peuvent pas vous donner cela.

Or, en attendant, tant que les égojis ignorent cela, ils sont libres de pratiquer la manifestation. Ils sont libres de pratiquer : « OK, j’ai besoin de manifester la voiture ; j’ai besoin de manifester une maison ; j’ai besoin de manifester cela. » Dans une certaine mesure, ça peut marcher. Vous êtes handicapés quand vous agissez à partir de la conscience égoïque. Vos pouvoirs de manifestation sont alors limités. Néanmoins, vous en avez !

De surcroît, ce que l’égo manifeste également, c’est son propre dysfonctionnement qui s’expose avec la maison ou la voiture. Oui, l’égo peut manifester une maison, une voiture et tout ce qu’il veut, mais il manifestera également le drame dans le mariage au sein de la maison, le drame du couple dans la grande maison. C’est l’effet secondaire de la manifestation égoïque que l’égo n’avait pas programmé, mais à cause de son dysfonctionnement inné, il manifeste aussi des conflits continuels autour de ses créations. On finit par se rendre compte que cela ne procure pas de satisfaction et l’on commence à s’éveiller.

Il y a donc deux manières de manifester. L’une repose sur le manque égoïque et l’autre sur la richesse de la présence. À partir de la richesse intérieure, la présence peut utiliser aussi le mental humain, parce que la présence peut s’écouler à travers le mental et peut énergiser vos pensées, vos structures mentales, lesquelles ne sont plus alors dysfonctionnelles. Pour tout ce que la présence veut manifester à travers vous, elle peut utiliser le pouvoir de la pensée dans ce sens, mais c’est toujours accompagné du désir de donner. C’est vouloir donner et non pas obtenir. La pensée peut donc être utilisée et elle est utilisée avec plus de puissance quand l’égo n’interfère plus.

Quand l’humain devient co-créateur avec Dieu, la présence peut s’écouler à travers le mental, utiliser aussi la pensée humaine et créer des choses originales à l’extérieur. Et c’est magnifique. À partir de la présence, vous ne créez pas pour obtenir la chose que vous créez dans le but de vous satisfaire, parce que vous créez déjà à partir de la satisfaction, à partir de la richesse intérieure, à partir de la présence. Ce qui motive alors la création est la joie à faire, la joie dans l’acte de créer. Avec l’égo, vous n’avez pas ça. La joie à faire est remplacée par le stress. Vous pouvez avoir des moments de joie quand l’égo se retire momentanément, mais il revient vite à la charge. C’est alors très stressant. Tout effort entrepris par l’égo devient du stress et également du conflit.

Regardez les organisations, des grosses entreprises où des égos se mettent ensemble. Même des égos bien intentionnés restent des égos. Le proverbe est justifié ici : « Le chemin de l’enfer est pavé de bonnes intentions ». Il est là question de l’égo. ON voit même cela dans des organisations ecclésiastiques. Elles veulent réellement le bien, mais voyez les réunions de comité, les comités ecclésiastiques. Ils se battent tous, dans de nombreux cas, peut-être pas toujours. Quoi qu’il en soit, voyez aussi ce qui se passe dans les hôpitaux, dans les services administratifs : des endroits de guérison, potentiellement ! Quant est-il des universités ? Des lieux d’apprentissage et de transmission de la sagesse, potentiellement !

Il n’y a donc aucun mal à créer, même si cela provient de l’égo. Vous finirez par apprendre… Vous serez déçu par ce que vous créez ainsi et vous vous éveillerez. En attendant, je ne vais pas vous enlever ce que je peux difficilement appeler votre plaisir. Disons le plaisir/douleur que vit l’égo en créant. Je ne dissuaderai jamais personne, ni ne dirai : « Ne vous efforcez pas d’obtenir des choses matérielles. Elles ne vous apporteront rien de bon ». Cela ne sert à rien de dire ça. Les humains doivent en goûter la vérité pour eux-mêmes. Parfois, ils doivent donc en passer par là.

Or, il y a maintenant plus d’humains qui arrivent en ce monde qui peuvent ne plus avoir besoin de rechercher la folie égoïque extrême. Il y a désormais plus d’humains qui vivront peut-être la phase égoïque pendant leur adolescence pour en sortir en devenant adultes. Ce serait une très bonne chose, parce que c’est ainsi que les choses devraient se passer. Il y a le stade égoïque, un stade temporaire d’immaturité, d’illusion, que l’on traverse comme une étape de croissance pour devenir un être humain pleinement conscient.

Il n’y a pas de mal à créer, d’autant moins quand la création provient de la richesse de la vie. L’univers veut également la paix intérieure profonde. Il veut également… VOUS voulez également… être plutôt que faire, retourner à la source. Ce n’est pas ici le faire. Il veut être immobile, tranquille, et c’est en fait ce qu’est la présence. La présence est la réalisation consciente de la source de toutes vies. C’est en fait ce que voulait l’égo au départ en recherchant autre chose. Il voulait vraiment trouver cela. Quand on est consciemment connecté à la source de toute vie, une chose miraculeuse peut se produire. ON peut réellement vivre un équilibre.

On demeure dans la conscience-source, qui est le silence, la présence, la conscience, la conscience étant la source elle-même, la lumière de la conscience qui se connaît elle-même en tant que la lumière de la conscience, ce qui est une chose magnifique, et l’on peut continuer d’évoluer dans ce monde de la forme en permettant à l’univers, la source, de créer à travers soi et de participer à l’acte créateur conscient si c’est ce que l’on veut ou l’on peut rester à la source sans plus s’activer. Cela m’est arrivé dans une certaine mesure. C’est arrivé à Ramana Maharshi pendant plusieurs années quand il était jeune homme, ce même sage que j’ai mentionné tout à l’heure.

Il était retourné complètement à la source, connaissant la réalisation du Soi, se connaissant lui-même en tant que conscience, en tant que le Soi, et avait cessé de parler. Il ne voulait plus parler, parce que parler, c’est faire. Il lui suffisait bien de demeurer à la source et de se délecter de la réalisation de l’unité avec la source. Il est resté assis au pied d’un temple . . . se délectant de la conscience-source. Et il ne mangeait plus, à quoi cela aurait-il servi ? . . . Et au lieu de le placer en hôpital psychiatrique, comme on l’aurait fait en Occident, des pèlerins qui visitaient régulièrement le temple mettaient de la nourriture dans sa bouche et il l’avalait.

Après quelques années, petit à petit, il en est ressorti. Petit à petit, il se mit à interagir à nouveau et même la parole lui revint. Il y eut donc le voyage du retour, une forme extrême du voyage du retour. Il aurait pu rester là pour le reste de sa vie. Des cas de ce genre se sont produits. Il n’y a pas à se demander si c’est à condamner ou à approuver. Cela peut arriver parfois. Je ne vous indique pas cela comme une chose forcément souhaitable pour vous, particulièrement ici en Occident. Il revint donc, mais sans jamais perdre la connexion avec la source, même quand il se mit à parler.

On se mit alors à lui poser des questions. Il était relativement inculte. On lui amenait des Écritures anciennes et lui demandait ce que tel passage signifiait. Il regardait et disait : « Eh bien, apparemment, cela veut dire … » Il pouvait instantanément expliquer toutes les Écritures, parce qu’il demeurait à la source. La présence elle-même parlait à travers lui. Il est donc devenu un grand sage et sans rien faire de spécifique, si ce n’est parler de temps en temps, un ashram s’érigea autour de lui. Dans une certaine mesure, une création fut produite à travers lui . . . À travers lui, l’univers créa donc l’ashram.

Comme tout autre enseignant spirituel, il indiquait le chemin de retour à la source. L’enseignement spirituel n’est pas principalement intéressé à vous montrer ce que vous pouvez faire pour améliorer votre vie à l’extérieur, dans le monde de la forme. C’est pourquoi je parle rarement de la façon dont manifester une chose ou une autre, comment réussir dans la vie. Il y a quelque chose de beaucoup plus profond que de réussir sa vie mondaine, ce qui n’est pas la vraie réussite, mais peut-être vous faut-il goûter cette sorte de réussite avant de trouver la vraie chose, peut-être même avant de vous y intéresser.

Il y a donc les deux mouvements dans l’univers : il veut créer, mais il veut aussi se connaître lui-même, à savoir Dieu, si l’on veut bien. Je n’utilise pas souvent le mot « Dieu », parce qu’il a été employé improprement depuis si longtemps. Apparemment, Dieu se délecte de la création. Il suffit de considérer cette planète ou sinon tout l’univers, la profusion infinie de soleils et de galaxies, des milliards et des milliards de créations, la complexité des formes de vie sur cette planète. Apparemment, Dieu se délecte de l’acte créateur et de la danse des formes.

En étant ici, nous en faisons partie. Nous sommes aussi des formes. Nous pouvons aussi nous délecter du monde de la forme, soit en créant de nouvelles formes, soit, si nous sommes porteurs de la fréquence ou contemplatifs, en étant témoins de toute la beauté qui se trouve déjà là tout autour de nous et en amenant cette lumière de la conscience dans le monde des formes déjà existantes. Il y a donc deux façons de se délecter du monde de la forme et les deux peuvent être vécues en même temps. L’une est en tant que co-créateur et en donnant naissance à de nouvelles formes, quelles qu’elles soient, et l’autre est en tant que témoin de la multiplicité et de l’abondance incroyables des formes de vie qui se trouvent continuellement autour de nous.

Vous pouvez être stupéfaits des miracles tout autour de vous, que vous soyez dans une ville ou dans la nature. C’est miraculeux. Si vous n’êtes pas dans le jugement, vous êtes cette perception innocente à travers la présence. Vous pouvez rester assis dans un endroit publique et observer tous les gens qui vont et viennent. C’est incroyable ! Vous pouvez être dans la nature et vous délecter de toute la beauté autour de vous. Vous pouvez même restez assis chez vous et percevoir la présence silencieuse des meubles, regarder par la fenêtre et voir le ciel. Chaque moment est porteur de bonté. Elle est tout autour de vous.

Il y a une façon plus passive d’apprécier le monde de la forme et une façon plus active en créant de nouvelles formes, cette dernière n’étant donc pas la seule. L’univers veut également s’observer lui-même. Il veut créer, mais il veut en même temps être conscient et cela peut se faire à travers l’humain. Apporter ce nouveau niveau de vie dans l’existence est le but de la forme humaine.

C’est une nouvelle manière de créer et une nouvelle manière pour Dieu d’être conscient de sa création. Vous êtes profondément enracinés dans la source d’où provient la conscience, la source, Dieu se disant « Ouah, j’ai fait tout ça ! J’ai créé tout ça ! Je n’ai pas seulement créé toutes ces voitures que je vois passer, mais également le ciel, les fleurs et toutes les formes ». Parce que vous êtes la conscience, la lumière de la conscience, la lumière de Dieu, Dieu étant la source, le non-manifesté.

Suivant la période de votre vie, ce peut être l’un plutôt que l’autre qui prédomine, demeurer dans la conscience-source ou créer. Il est juste important de ne pas se perdre dans le monde de la forme, parce que c’est alors être retourné dans la conscience égoïques où votre perception est grandement limitée : « Qu’est-ce qui se passe ici ? Ah, il faut que je fasse cela maintenant. Il faut que j’écrive un nouveau livre. J’ai une date limite. Ils m’ont demandé un autre livre. Il faut vraiment que je m’y mette ». Ce faisant, je me perds dans le monde de la forme, dans le faire. « Il faut que j’écrive un livre sur la réalisation spirituelle ! »

Et il est facile de vous perdre dans vos créations. Vous commencez par vous perdre dans vos pensées, parce que vos pensées sont vos créations. Elles proviennent de la conscience. Elles sont le premier niveau de la forme qui apparaît. Avant qu’il y ait la forme physique, il y a la forme mentale. Se perdre dans les pensées est la première manière de se perdre. C’est une perte totale de la conscience, de la perception. On est perdu dans la forme. Il est alors très facile de se perdre dans le faire quand on passe à l’action. Un bon signe que vous vous êtes perdus dans le faire, c’est quand vous êtes extrêmement anxieux concernant ce que vous faites. Il y a du stress, de l’anxiété, de la contrariété. Vous êtes perdus, vous êtes à nouveau perdus.

Il faut donc un équilibre. Oui, par tous les moyens, participez à l’acte créateur, mais ne vous y perdez pas, sans quoi ce que vous créez vous possède ; vous ne le possédez pas, cela vous possède. La pensée vous possède. Vous n’avez pas une pensée, la pensée vous a.

On pourrait dire que vous pouvez aussi vous perdre dans la source, comme Ramana Maharshi l’a fait pendant quelques années. Je ne dirais pas « vous perdre », vous pouvez vous retrouvez dans la source sans vouloir revenir et c’est très bien. Si cela arrive, c’est ce qui arrive. J’ai un peu vécu ça aussi, pendant quelques années, quand j’ai perdu tout intérêt pour le faire. Je ne suis toujours pas très intéressé par le faire. J’avais perdu complètement l’intérêt, parce que le moment présent était si joyeux qu’il semblait que cela ne servirait à rien de faire quoi que ce soit en dehors de l’appréciation de la richesse incroyable du moment présent, la richesse à la fois à l’extérieur avec tout ce qui s’y trouve et le sentiment de la vie magnifique qui s’épanouit à l’intérieur.

C’était si joyeux, à quoi cela aurait-il servi de faire quoi que ce soit ? Bon, personne n’est venu mettre de la nourriture dans ma bouche, mais je n’étais pas allé aussi loin que Ramana Maharshi. Je pouvais me déplacer, aller manger dans un self. J’allais là où c’était le moins cher. C’était toujours comme si, au dernier moment, l’univers disait : « OK, je vais t’aider. Je vais juste te donner ce dont tu as besoin, mais pas plus ». Je ne mourais pas de faim. IL se passait toujours quelque chose.

Il y avait parfois un petit travail pour deux ou trois semaines. Ensuite, c’était quelqu’un d’autre qui me demandait si j’étais disponible et me permettait cinq heures de travail ici ou là. Je trouvais parfois des petits boulots à temps partiel. Il est arrivé aussi que quelques personnes me donnent de l’argent. D’une certaine façon, c’était un peu comme si l’univers me fourrait de la nourriture dans la bouche. Mais j’étais toujours un peu plus actif que Ramana Maharshi. Je n’étais donc pas absorbé totalement dans la source, mais tout de même suffisamment pour être considéré comme très bizarre.

La danse de la vie nous met au défi d’être actuellement un humain sur cette planète sans nous perdre dans ce que nous créons, ni aller totalement dans la source pour ne plus jamais rien faire. Il s’agit d’avoir un pied dans la source et l’autre dans le faire. C’est alors magnifique, on ne se perd pas dans ce que l’on fait. Il y a un sentiment continu de présence à l’arrière-plan.

Quand vous en venez à faire, vous sentez votre conscience, si l’on veut le formuler ainsi, la présence de la conscience à l’arrière-plan pendant que vous êtes dans l’action, quand vous interagissez avec les gens, discutez un nouveau projet, avez un gros projet. « Faisons une réunion ! » Faites attention aux réunions ! « Faisons une réunion ! » En fait, pour les réunions, si vous ne voulez pas vous perdre dans les mots ou autres, occupez-vous tout de suite de ce qui est important.

En tant que groupe, soyons présents et faisons silence un moment. Ne perdons pas contact avec cette dimension plus profonde du silence, même en discutant les choses. Ne perdons pas contact avec ça, parce qu’autrement, nous sommes perdus. Soyons capables d’utiliser notre mental d’une façon créatrice sans nous y perdre. Vous pouvez alors commencer à parler, dire ce qu’est votre idée.

« Eh bien, je ne pense pas que ça puisse marcher », dit l’autre personne. La personne qui a proposé son idée ne se sentira pas menacée par ça, parce que l’idée que vous avez émise n’est pas investie d’un sentiment de soi. Où est alors votre sentiment de soi ? En celui qui est présent, derrière l’idée. Vous êtes la présence d’où émerge l’idée, mais vous n’êtes pas l’idée. C’est seulement un point de vue. C’est juste une forme mentale qui a été créée. Vous ne confondez pas cette forme mentale avec qui vous êtes. Dès l’instant où vous le faites, l’égo est de retour, parce que l’égo est l’identification au mental.

Donc, être capable d’utiliser le mental, de rester présent et continuer de l’être quand autrui s’exprime. En fait, il peut y avoir une discussion fructueuse sans que personne n’investisse ses créations mentales d’un sentiment de soi. Le mental devient alors un outil beaucoup plus puissant. Le mental est très handicapé quand vous l’investissez du sentiment de soi, parce qu’il est alors dysfonctionnel. Il peut toujours créer, avec beaucoup de lutte et de stress, mais il y a toujours un aspect négatif dans tout ce qu’il crée de cette façon. . . . « On va y arriver ! » Et finalement, après quinze ans de lutte, vous avez votre grosse entreprise… et votre santé est ruinée, à cause du stress permanent ! De plus, dans ce processus, vous vous êtes rendus malheureux, ainsi que beaucoup d’autres. C’est l’action karmique.

Nous parlons ici de l’action non karmique. L’action karmique implique que vous êtes perdus dans le faire, vous y êtes identifiés, êtes identifiés aux pensées, les pensées qui causent le faire, etc. Notre tâche est une chose magnifique, un pied dans la présence, la conscience, l’être, et l’autre dans le penser et le faire. Voyez ensuite ce que vous créez ou plutôt ce que Dieu, la conscience Une crée à travers vous.

Évidemment, rien de ce que vous créez n’est éternel, ni n’a besoin de l’être. Même alors, tout ce que vous créez aura certaines limites qui sont inhérentes au monde de la forme. Cela sera de la forme et à un certain moment, cela n’existera plus. Vous n’allez pas créer la structure éternelle, le livre éternel, l’organisation éternelle, ni quoi que ce soit. L’égo aime cette idée. En Allemagne, le socialisme national parlait du Reich de mille ans, de l’empire de mille ans.

Et combien de temps cela a-t-il duré, quinze ans ? Et même s’il avait dû durer mille ans, ce n’est pas tant que ça ! Nous n’avons pas besoin d’exiger que ce que nous créons soit permanent. Cela fait simplement partie du mouvement de la forme.

Donc, dans tout ce en quoi vous vous engagez, au quotidien, quoi que vous fassiez, amenez toujours la conscience, la perception dans le penser et dans le faire. La première façon de vous perdre est dans le mental et la seconde dans le faire, et dans les choses, plus de choses : « Qu’est-ce qu’il faut que je fasse ? » . . . C’est très séduisant. Ce monde est très complexe. Il est très séduisant.

Il y a l’aspect attrayant de toutes les formes complexes que le mental humain a créées, la plupart du temps à travers des créations égoïques. Oui, très séduisant, allumez simplement la télévision ou l’un de tous ces gadgets que nous avons et voyez comment cela vous embarque, une chose après l’autre ! Il faut que vous y pensiez, que vous lui donniez votre attention. La vigilance est donc requise afin que vous ne donniez pas votre attention à tout ce qui se présente. Voyez combien ces choses sont addictives !

On m’a donné un IPad pour mon anniversaire. J’ai appris à l’utiliser moi-même et un matin, je me suis levé, j’ai vu l’IPad qui était branché là pour se recharger pendant la nuit et la chose étonnante qui s’est passée, avant de regarder par la fenêtre pour voir le temps qu’il faisait, j’ai allumé l’IPad et l’application « météo ». Tout d’un coup, j’ai vu : « Oh, qu’est-ce que je fais là ? Mais c’est absurde, je peux regarder par la fenêtre pour voir s’il pleut. Je n’ai pas besoin de l’IPad.

Bien sûr, les prévisions météo peuvent être parfois utiles, mais dans l’instant, je voulais juste savoir le temps qu’il faisait. Et il y avait l’IPad près du lit. Je ne fais plus ça ! Vous devez faire attention avec ces appareils. Ils peuvent dominer votre vie. C’est ce que vivent tout le temps les enfants. Bon, c’est un autre sujet, un gros sujet ! Et il y a l’inaptitude à se concentrer : « Oui, Papa, qu’est-ce que tu disais ? Passer à table ? » . . . C’est l’impossibilité de se concentrer sur quoi que ce soit, d’être simplement disponibles quelques secondes.

J’ai un projet, juste la graine d’une idée que d’autres doivent avoir aussi, j’en suis sûr, et sur laquelle ils travaillent peut-être déjà. C’est d’amener la présence dans ces gadgets. S’il faut qu’ils jouent à des jeux, pourquoi ne pas envisager des jeux où vous gagner si vous êtes présents ? Voyons si cette idée va germer !

Bien, appréciez la création !

–           Q. – Merci.

Traduction Robert Geoffroy, vidéo visible sur http://blogbug.filialise.com

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Date de dernière mise à jour : 02/04/2017

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